Le
CD du mois:
analyse d'une oeuvre d'hier ou d'aujourd'hui.....
Cette rubrique vous propose de découvrir ou de redécouvrir un album au hasard de l'histoire. Oeuvre récente ou ancienne, clin d'oeil sur un disque qui ne passe ou ne passa pas inaperçu... Ce mois-ci, coup de projecteur sur Aux héros de la voltige de Jacques Higelin, paru en 1994. Vous pouvez aussi acheter ces albums en cliquant sur les images.
>>> Jacques Higelin Aux héros de la voltige 1994
>>>Jean-Pierre Reginal En concert 2000
>>>Calogero Calogero 2001
>>>Serge Gainsbourg Vu de l'extérieur
1973
Jacques HIGELIN Aux héros de la voltige. A écouter Aux héros de la voltige, sorti chez EMI en 1994, on en arrive à regretter qu'Higelin ne soit pas plus présent sur les ondes et dans les bacs des disquaires. Car Aux héros..., c'est du pur Higelin, à 300 % avec ses révoltes, sa folie, sa fausse naïveté désabusée, et sa façon si tendre et poétique de croquer la vie. L'album s'ouvre sur le splendide Berceau de la vie, et enchaîne sur un Electro cardiogramme plat ("pas d'quoi en faire un drame ni un plat") très Rock'n'roll, comme le sera Hot Chaud, expérience musicale entre rock et rap. Sur la grande roue rappelle les meilleurs regards du Jacquot sur l'enfance (Rousse au chocolat) et sur sa fille Izia. Un amour de papa, qui se fout finalement de tout pour ne garder de la vie que le meilleur, même s'il en coûte parfois en désillusions.Voyage dans le temps et l'espace, Le dragon est délicieusement oriental et érotique, et l'on sent poindre le coquin Higelin dans un conte à l'orchestration parfaite. 9 titres d'une grande pureté, produits et réalisés par Michel Pagliaro et Francis Lassus, qui co-signent quelques-unes des musiques du disque. Précédant de quatre ans le Paradis païen du même Higelin, Aux héros de la voltige est un des ouvrages à posséder dans toute discographie. Si ce n'est déjà fait....---------------SeB novembre 2004 |
Jean-Pierre
Réginal En concert Coup
de projecteur ce mois-ci sur un artiste en or mais peu connu. Histoire
de prouver encore une fois que la médiatisation à outrance
n'est pas synonyme de qualité. Reginal, lui, se promène
depuis des décennies entre Brel et Barbara, entre humour et poésie.
Cet album enregistré le 8 mai 2000 à la Radio sarroise est
un écrin de volupté et de grandeur. La grandeur des petites
gens et la grandeur du coeur. Avec Passe passe le disque s'ouvre sur une
vision toute personnelle de la vie, vision relayée par le superbe
Tango révolutionniaire. Avec Reginal, la vie est entière,
des origines de l'homme à nos jours, de la naissance à la
mort. Le temps (Comme un voleur) la solitude (Le grand bêtisier)
l'humour (Madame Alice) la tendresse (Ma mère m'a dit), pas de
faux discours chez cet artiste attachant. |
Calogero
Calogero Longtemps leader du groupe les Charts, il peaufine une carrière solo sous son véritable nom depuis quelques années. D'où cette fausse impression de nouveauté. Son deuxième album solo est celui de la réussite et de la maturité. Porté par les deux "tubes" Aussi libre que moi et En apesanteur, l'album est en fait un vivier de belles choses. Rapidement estomaqué, l'auditeur se laisse envoûter par les onze titres de l'oeuvre du grenoblois. On aime l'intelligence de ses textes, sa façon innovante de décrire des sentiments mille fois chantés (l'amour, la séduction, la liberté, la mort, la rupture,...). On aime ses musiques mêlant savamment les genres (avec une forte préférence pour le rock anglo-saxon ou la new wave (Aussi libre que moi a des faux airs de Depeche Mode)). Et surtout, on tombe en amour (comme diraient nos amis québécois) devant cette voix assurée, se jouant des difficultés, passant allégrement du grave à l'aigü, du ton "rock" au chuchoté. Belle surprise que cet album éponyme laissant présager une longue carrière solo.... Coup de coeur pour Tien An Men, Une dernière chance, le magnifique duo Juste un peu de silence (quelle voix !) et Prendre racine et puis et puis et puis................. SeB |
![]() Editions Philips/Melody Nelson Publishing 10 titres 28,22 minutes CD ref 532 075-2 1 Je suis venu te dire que je m'en vais 3.20 2 Vu de l'extérieur 3.38 3 Panpan cucul 2.40 4 Par hasard et pas rasé 2.26 5 Des vents des pets des poums 2.53 6 Titicaca 2.57 7 Pamela popo 2.23 8 La poupée qui fait 2.59 9 L'hippopodame 1.42 10 Sensuelle et sans suite 3.02 |
Serge Gainsbourg Vu de l'extérieur L'album s'ouvre (malheureusement devrais-je dire) par le très galvaudé Je suis venu te dire que je m'en vais. Le succès international de ce tube explique peut-être à lui-seul le silence radio fait sur les autres titres (si ce n'est aussi leur caractère ouvertement scatologique). C'est sans compter sur le génie gainsbarien qui nous offre une giclée de dix titres musicalement très riche. Un son anglais sans conteste et une voix sen(sex)uelle à la limite du chuchotement. On appréciera Vu de l'extérieur pour sa mélodie lancinante et son thème fort bien traité (les apparences sont trompeuses), mais aussi Par hasard et pas rasé et le très saccadé Titicaca. Le danger (le piège est à la hauteur de son auteur) est de s'arrêter au caractère scatologique des chansons abordées et de ne pas chercher à les pénétrer (sans jeu de mot cette fois) plus en avant. Car bien sûr, les Panpan cucul, Titicaca ou autres Pamela popo ne sont que prétextes (pré -textes ?) à exercice de style. Et finalement, ces "jeux de maux" au ras de la culotte élèvent le débat bien plus qu'on ne peut l'imaginer de prime abord.... Alors, Gainsbarre inspire Gainsbourg ? Plus que jamais en cette année 1973 avec ce Vu de l'extérieur au son très chiadé et anglo saxon (guitares délicates, rythmiques dansantes, et ambiance studio). Cet album est d'ailleurs enregistré aux Studios Phonogram de Londres et mixé à Paris au studio des Dames........................SeB |
© Petit dictionnaire intime... mars 2003 -novembre 2004